Le schéma de chimiothérapie AC-paclitaxel ou EC-paclitaxel correspond à une association de plusieurs médicaments. Chaque lettre identifie l'un des médicaments utilisés selon son principe actif:
La durée totale du traitement de chimiothérapie est de 4 à 6 mois selon le plan qui vous est recommandé.
La première partie correspond à 4 séances de chimiothérapie AC ou EC, espacées chacune de 2 à 3 semaines de pause. La durée de cette partie du traitement est donc de 2 à 3 mois, soit 8 à 12 semaines. Les séances suivantes correspondent à la perfusion du paclitaxel qui peut être administré:
La durée de cette deuxième partie du traitement est de donc de 2 à 3 mois, soit 8 à 12 semaines.
La mise en place d'un port à cath (PAC) est nécessaire pour l'administration de la chimiothérapie. L'installation de ce petit boîtier sous la peau est réalisée sous anesthésie locale avant le début du traitement.
Avant les séances de perfusion, un traitement complémentaire est prescrit en prévention de plusieurs effets indésirables:
Afin de s’assurer du bon déroulement du traitement, l’oncologue vous examine avant de débuter celui-ci, puis régulièrement lors des consultations médicales. Une analyse de sang est planifiée avant chaque séance de perfusion, ainsi qu’entre deux selon les situations. Les résultats permettent au médecin d’évaluer votre tolérance à la chimiothérapie. La dose des médicaments et le rythme des séances peuvent être modifiés selon les résultats sanguins et les effets secondaires qui se manifestent.
Le lieu des séances de perfusion vous sera précisé par votre oncologue.
De manière générale, la liste des effets secondaires n'a qu'une valeur indicative. Chaque situation est particulière et chaque personne réagit aux traitements de manière différente. L'apparition ou non d'effets secondaires n'est pas nécessairement un indice d'efficacité du traitement. Avant le début du traitement, des informations spécifiques sont transmises par le médecin oncologue.
En cours de traitement, les effets suivants peuvent se manifester. Ils sont le plus souvent temporaires et peuvent être atténués.
Les globules blancs participent à la défense de l’organisme contre les infections. Leur nombre diminue transitoirement environ 1 à 2 semaines après les séances de perfusion. Ceci a pour effet de vous rendre plus vulnérable au développement d’une infection durant quelques jours. Votre oncologue vous donnera les précisions propres à votre situation
Cet effet peut survenir durant le traitement, principalement dans les heures et les jours qui suivent les perfusions. Il peut parfois se manifester jusqu’à 5 jours après.
Un traitement contre les nausées et vomissements est administré en prévention avant la chimiothérapie. Une ordonnance vous est aussi remise pour un traitement à prendre après la séance si nécessaire. La prise régulière de ces médicaments peut entraîner un ralentissement du transit intestinal, une constipation et éventuellement des maux de tête.
La chute des cheveux est systématique. Les premiers signes apparaissent généralement 2 à 3 semaines après la première séance de perfusion. Certaines personnes décrivent une sensation désagréable au niveau du cuir chevelu quelques jours avant le début de la chute, ainsi qu’une sensibilité au toucher. La chute des cheveux s’accompagne parfois de la perte des poils, des cils et des sourcils.
La repousse se fait progressivement après la dernière dose de chimiothérapie à la vitesse de la croissance normale du cheveu, soit environ 1 cm par mois. Certaines personnes remarquent que la couleur et la texture des cheveux sont différentes de celles d’avant les traitements. Généralement, les cheveux reprennent leur structure habituelle au fil des mois.
La fatigue apparaît de manière progressive au cours des traitements. Elle peut être d’intensité variable mais est fréquemment perçue comme modérée. Vous pouvez ressentir une perte d’énergie, de la faiblesse, une difficulté à vous concentrer. Le manque d’énergie peut être dû à une diminution des globules rouges dans le sang. Il est alors le plus souvent associé à une pâleur du teint, un essoufflement, des étourdissements ou une sensation que le cœur bat plus vite.
Une atténuation de la fatigue peut être ressentie entre les séances de perfusion. La récupération est relativement rapide dès la fin du traitement. Il faut toutefois compter plusieurs mois avant de retrouver toute son énergie.
Un changement ou une diminution du goût peut survenir temporairement durant la période du traitement et dans les semaines qui suivent.
Un goût métallique peut être ressenti dans la bouche. Ce changement de perception peut provisoirement influencer votre appétit.
Une diarrhée peut apparaître entre deux séances de perfusion. Elle se manifeste par des selles plus fréquentes et abondantes qu’à l’ordinaire, liquides, parfois associées à des crampes au niveau du ventre.
Cet effet est peu fréquent. Il est dû à des érosions ou à des aphtes qui apparaissent le plus souvent 1 à 2 semaines après la séance de perfusion. Les lésions se produisent généralement sur les gencives, la langue, les côtés de la bouche, les lèvres et dans la gorge. Elles peuvent provoquer une gêne ou des douleurs pour boire et manger.
Durant la période de traitement, votre peau est à risque de coups de soleil. En outre, elle peut foncer transitoirement à plusieurs endroits du corps comme sur les mains, coudes, pieds, genoux, le long des veines ou au bord des ongles. Cet effet s’atténue peu à peu après la fin du traitement.
Cet effet peut apparaître temporairement au cours du traitement.
Elles sont rares mais peuvent survenir durant les séances de perfusion, plus particulièrement lors des deux premières. Elles se manifestent par des bouffées de chaleur, des éruptions cutanées, des démangeaisons, des vertiges, une difficulté à respirer ou l'apparition de douleurs dans la poitrine.
Un traitement à base de corticoïdes contribue à prévenir ce risque. L'infirmier-ère procède par ailleurs à une surveillance rapprochée durant les 15 premières minutes de perfusion.
Un changement d'aspect des ongles est possible. Ils deviennent striés, cassants, dédoublés et peuvent changer de couleur.
Ces modifications peuvent s'accompagner d'une inflammation du pourtour de l'ongle. Rarement, les ongles peuvent tomber avant de repousser dès la fin du traitement au rythme habituel de la croissance d'un ongle. Pour prévenir cet effet, des gants et des chaussettes réfrigérantes vous sont proposés le temps de la perfusion.
Elles peuvent être ressenties sous forme de courbatures 2 ou 3 jours après la séance de perfusion. Cette sensation s'estompe progressivement les jours qui suivent. Rarement, elle peut persister quelques mois après la fin du traitement avant de disparaître.
Une fragilisation de la peau de la paume des mains et de la plante des pieds peut apparaître temporairement après 2 ou 3 séances de perfusion. Elle se manifeste par une rougeur, une sécheresse, des crevasses, une inflammation ou l'apparition de petites cloques. Cet effet s'accompagne souvent de picotements, de tiraillements ou parfois de sensations douloureuses.
L'ensemble des symptômes disparaît progressivement dans le mois qui suit la fin du dernier traitement.
D'autres effets ont des conséquences à plus long terme.
La chimiothérapie peut avoir des conséquences transitoires ou permanentes sur la fertilité. Chez la femme non ménopausée, elle entraîne une interruption de l’activité des hormones sexuelles, et de ce fait un arrêt du cycle menstruel. Cet effet peut être définitif, surtout si la femme a plus de 40 ans et qu’elle approche de la ménopause naturelle.
N’hésitez pas à parlez avec votre oncologue de votre ressenti et de vos attentes au sujet d’un désir de grossesse. Vous pourrez ainsi discuter avec lui des différents moyens possibles de conservation de la fertilité dans votre situation.
L’arrêt de l’activité des hormones sexuelles induit par le traitement va entraîner plusieurs effets similaires à ceux de la ménopause, comme des bouffées de chaleur, parfois une sécheresse vaginale et à plus long terme un risque augmenté d’ostéoporose. Des troubles du sommeil ou de l’humeur peuvent également se manifester.
Un des médicaments administrés, l’épirubicine, peut avoir une répercussion sur la fonction du cœur en cours du traitement ou après celui-ci. Cet effet est rare aux doses utilisées pour ce schéma de traitement. Les principaux signes susceptibles d’apparaître sont un essoufflement, une sensation de fatigue et des œdèmes.
Afin de s’assurer de votre bonne tolérance, l’oncologue vous examine avant de débuter la chimiothérapie et poursuit cette surveillance régulièrement. Un ultrason cardiaque est réalisé systématiquement avant le début du traitement. Le médecin peut parfois compléter cette évaluation par des examens complémentaires, comme un électrocardiogramme ou une scintigraphie cardiaque.
Cet effet peut se développer après le traitement. La moelle osseuse est responsable de la production des globules blancs, des globules rouges et des plaquettes contenues dans le sang. Dans de très rares cas, cette dysfonction peut entraîner une maladie du sang.
Votre médecin est à disposition pour vous donner des compléments d’information à ce sujet.
Contactez sans attendre votre oncologue ou l'oncologue de garde si vous observez l'un des signes suivants:
La chimiothérapie est remboursée par l'assurance obligatoire des soins.