La chirurgie des cancers gynécologique a pour but de supprimer la tumeur et ses éventuelles extensions. La technique chirurgicale et le déroulement de l'intervention varient selon le type de cancer et les objectifs de la chirurgie.
Selon les situations, trois types d'accès différents peuvent être utilisés:
Les interventions sont pratiquées sous anesthésie générale, ou sous anesthésie locorégionale (rachianesthésie) pour la chirurgie vaginale .
L'admission à l'hôpital se fait la veille ou le jour même de l'opération.
La durée du séjour varie en fonction du type d'intervention et des surveillances particulières à apporter après l'opération. La bonne évolution est estimée chaque jour pour envisager la possibilité de votre retour à la maison.
Occasionnellement, un lavement peut être pratiqué la veille de l'intervention.
Le médecin ou l'infirmier-ère anesthésiste vous accueille en salle d'opération. Il/elle met en place les cathéters qui serviront à pratiquer l'anesthésie générale et à administrer les médicaments visant à maîtriser les douleurs après l'intervention. Si une péridurale est proposée, le cathéter est posé à ce moment-là.
La durée de l'intervention dépend de la chirurgie à réaliser, de la technique opératoire et du type d'accès utilisé.
Parfois, un drain est placé sous la peau ou dans l'abdomen au cours de l'intervention. Il permet l'aspiration du sang et de la lymphe accumulés après l'opération. Il est gardé entre 2 et 7 jours en fonction de la quantité de liquide qui s'écoule.
Une sonde urinaire est mise en place afin d'assurer le drainage des urines durant l'opération et les jours qui suivent.
A l'issue de l'opération, vous êtes transférée en salle de réveil pour 1 à 2 heure de surveillance.
Selon la fréquence des contrôles nécessaires, il est possible que vous séjourniez dans l'Unité de soins continus durant les 24 à 72 heures qui suivent l'intervention, avant de retourner dans votre chambre.
Des complications peuvent survenir après la chirurgie. Les plus fréquentes sont:
Les risques dépendent du type de chirurgie, de votre état de santé et des autres traitements que vous suivez.
Les surveillances mises en place après l'opération visent à détecter le plus précocement possible la survenue de ces éventuelles complications. Avant l'intervention, des informations spécifiques sont transmises par le/la chirurgien-ne.
En vue de l'intervention, plusieurs consultations sont programmées en ambulatoire avant l'hospitalisation:
La prise de tout médicament influençant la coagulation sanguine, qu'il soit prescrit pour un motif médical ou auto-administré, doit être adaptée avant l'intervention. Cet aspect est discuté lors des consultations avant la chirurgie. En vue de ces échanges, pensez à amener la liste de vos médicaments.
Durant la semaine qui précède l'intervention, ne prenez pas de nouveau médicament sans en référer à votre médecin traitant ou au gynécologue de l'hôpital.
Vous pouvez garder vos habitudes alimentaires jusqu'à l'hospitalisation. Toutefois, si votre admission est programmée le jour même de l'opération, il vous est demandé de ne plus manger et ne plus boire, dès minuit. Il est impératif de cesser de fumer 12 heures avant l'intervention.
Evitez tout rasage et épilation du pubis dans la semaine qui précède l'intervention. Un rasage de la zone à opérer sera effectué à votre entrée au bloc opératoire.
Pensez à retirer vos bijoux avant de venir à l'hôpital et à ôter tout vernis à ongles de vos mains et de vos pieds.
Pour le séjour à l'hôpital, pensez à prendre des affaires de toilette, une paire de pantoufles confortables, une tenue d'intérieur et tout effet personnel important pour vous. Pour la sortie, prévoyez des vêtements amples et faciles à mettre, qui ne serrent pas la taille.
Si vous prenez des médicaments de façon régulière, pensez à les emporter avec vous à l'hôpital afin d'en disposer le cas échéant. L'équipe soignante vous donnera des précisions au sujet de leur prise durant votre séjour.
Afin de prévenir ou de détecter d'éventuelles complications, l'infirmier-ère et le médecin réalisent plusieurs surveillances durant l'hospitalisation:
Les douleurs de l'abdomen, sous forme de crampes modérées à fortes, sont fréquentes après la chirurgie. En prévention, un traitement contre la douleur par comprimés ou injections dans une veine est systématique.
Les injections sont administrées par l'infirmier-ère ou par vous-même, à l'aide d'une pompe et d'un bouton qui commande l'administration intraveineuse du médicament. L'infirmier-ère vous demande régulièrement de localiser, décrire et mesurer l'intensité des douleurs, telles qu'elles sont ressenties. Si celles-ci sont insuffisamment soulagées, le traitement peut être complété.
Les anesthésistes peuvent également proposer la mise en place d'un cathéter péridural placé dans le bas du dos, au niveau de l'espace entourant la moelle épinière. Ce cathéter est installé au début de l'intervention en salle d'opération. Là encore, vous pouvez avoir une partie du contrôle du traitement anesthésique.
Le traitement par cathéter péridural nécessite des contrôles réguliers de la bonne sensibilité des jambes et des pieds par l'infirmier-ère. Le cathéter est retiré dès que le relais peut être pris par des comprimés.
En l'absence de complication, il faut compter généralement entre 4 et 6 semaines pour une cicatrisation complète des tissus. La reprise douce de la mobilisation est programmée dès que possible, en fonction du type de chirurgie réalisé. Le/la chirurgien-ne gynécologue détermine les modalités pour chaque situation.
Après l'opération, pour prévenir les tensions au niveau des sutures, la potence du lit est retirée. Selon la chirurgie réalisée, le port d'une ceinture de maintien peut être proposé.
Afin de prévenir d'éventuels problèmes circulatoires, un traitement anticoagulant par injections sous-cutanées est prescrit pour les premiers jours après l'opération.
Suite à l'anesthésie et au geste opératoire, les intestins reprennent leur fonction progressivement. Plusieurs jours peuvent être nécessaires pour retrouver un transit intestinal habituel.
Le premier signe de cette reprise est l'apparition des gaz intestinaux. Au besoin, le gynécologue prescrit un traitement transitoire contre la constipation.
L'alimentation est reprise progressivement selon le type d'intervention. Les apports de liquide sont complétés par une perfusion intraveineuse durant les jours qui suivent l'opération.
En plus de drainer les urines, la sonde urinaire installée au moment de l'intervention sert à contrôler le fonctionnement des reins après l'opération. Elle est retirée dès que possible au cours de l'hospitalisation, après la reprise de la mobilisation.
Occasionnellement, le jour qui suit le retrait de la sonde, une sensation de brûlure peut être ressentie lors de la vidange des urines. Si d'autres symptômes sont associés ou si les brûlures persistent, un examen des urines est réalisé.
La chirurgie des cancers gynécologiques touche à la représentation que les femmes ont de leur corps. Elle peut susciter des questions et entraîner un désarroi, tout de suite après l'opération ou plus tard.
L'équipe soignante vous accompagne dans votre ressenti, en respectant vos besoins et votre rythme. Ce peut être à l'occasion de différents moments, lors des échanges avec l'infirmier-ère ou le/la gynécologue avant et après l'opération.
Votre sortie de l'hôpital est décidée par le/la chirurgien-ne en fonction de la bonne évolution de votre état de santé.
Le jour de votre sortie, vous recevez plusieurs documents pour votre retour à la maison:
Une consultation est planifiée environ 10 jours après l'intervention pour la surveillance du site opéré et le retrait des fils, si nécessaire. C'est aussi l'occasion de vous transmettre les résultats définitifs de l'analyse microscopique des tissus et vous présenter la suite des soins. Au cours de ce rendez-vous, vous retrouvez l'infirmier-ère clinicien-ne référent-e de gynécologie oncologique.
Si le séjour hospitalier dépasse 10 jours, les soins et la discussion sont organisés durant l'hospitalisation.
La chirurgie abdominale est remboursée par l'assurance obligatoire des soins.