Les traitements à base d'inhibiteurs de la tyrosine kinase ALK sont des thérapies moléculaires ciblées. Le sigle ALK, ou anaplastic lymphoma kinase, fait référence à un récepteur enzymatique qui se trouve à la surface des cellules. On sait qu’il a tendance à favoriser la production de cellules cancéreuses dans certaines formes de la maladie.
Les anti-ALK sont utilisés pour bloquer la croissance de la tumeur et la prolifération des cellules cancéreuses en interférant avec les signaux qui stimulent leur production et multiplication.
Cette classe de médicaments comprend notamment le crizotinib, (commercialisé sous le nom de Xalkori®), l'alectinib, le lorlatinib, le brigatinib.
Le traitement est administré sous forme de gélules à avaler deux fois par jour, à 12 heures d’intervalle, à des moments fixes de la journée.
La tolérance au traitement est évaluée régulièrement lors des consultations médicales. La durée totale du traitement est déterminée en fonction de l’évaluation clinique lors du suivi par les médecins spécialistes. Un examen d’imagerie et/ou une analyse de sang peut compléter ce suivi.
De manière générale, la liste des effets secondaires n'a qu'une valeur indicative. Chaque situation est particulière et chaque personne réagit aux traitements de manière différente. L'apparition ou non d'effets secondaires n'est pas nécessairement un indice d'efficacité du traitement. Avant le début du traitement, des informations spécifiques sont transmises par le médecin oncologue.
En cours de traitement, les effets suivants peuvent se manifester. Ils sont le plus souvent temporaires et peuvent être atténués.
S’il survient, cet effet apparaît dans les jours ou semaines après le début du traitement. Selon vos symptômes, un traitement contre les nausées peut vous être prescrit.
S’il survient, cet effet apparaît plus particulièrement au cours des 3 premiers mois de traitement. Il ne se ressent pas en soi. La peau et le blanc des yeux peuvent toutefois devenir jaunes, les urines brunes foncées et les selles décolorées.
Les analyses sanguines réalisées régulièrement durant le traitement permettent notamment d’évaluer le fonctionnement du foie.
Communiquez sans attendre vos observations à l’oncologue afin d’envisager les suites qui conviennent : observation, nouveau dosage sanguin ou adaptation des doses du traitement, par exemple.
Une diarrhée, ou plus rarement une constipation, peut survenir en cours de traitement.
La diarrhée se manifeste par des selles plus fréquentes et abondantes qu’à l’ordinaire, liquides, parfois associées à des crampes au niveau du ventre. Une constipation se traduit par un changement de fréquence des selles et une difficulté d’évacuation. Elle est souvent accompagnée de ballonnements et occasionnellement de nausées.
Cet effet indésirable apparait le plus souvent au cours des deux premières semaines du traitement. Il est habituellement temporaire. Les manifestations décrites sont la perception d’éclairs de lumière, d’une vision double ou brouillée, d’une sensibilité à la lumière ou la présence de mouches volantes devant les yeux.
Une perte d’appétit ou la sensation que "rien ne passe" peut être observée dans les semaines qui suivent le début du traitement. Des brûlures d’estomac et un changement de perception provisoire des goûts, manifesté par une hypersensibilité aux goûts sucrés ou aigres et une diminution des goûts épicés, peut influencer votre prise alimentaire.
De la fatigue, comme une sensation de perte d'énergie, peut survenir. Elle est alors d'intensité variable.
Une rétention d'eau est visible par une enflure progressive des mains, des pieds et/ou des jambes ou une prise de poids rapide.
Un changement de sensibilité des mains, des pieds et plus rarement du visage peut se produire au cours du traitement ou suite à celui-ci. Cet effet est dû à l’irritation des nerfs. Il se manifeste par une impression d’engourdissement, de picotement, de fourmillement ou de brûlure pouvant être incommodante pour la marche ou l’accomplissement de gestes fins, par exemple boutonner un vêtement.
Ces manifestations s’accompagnent souvent d’une rougeur ou d’une sécheresse locale. La plupart du temps, elles se développent après plusieurs mois de traitement.
Une inflammation des tissus du poumon peut se déclarer pendant le traitement ou à la suite de celui-ci. Les symptômes peuvent apparaître sous la forme d’une sensation de souffle court, d’essoufflement lors d’un effort modéré ou au repos, ou de toux sèche. Ils peuvent s’accompagner de fièvre.
Une répercussion du traitement sur la fonction cardiaque est possible. Elle est rare. Elle se manifeste par un ralentissement ou une irrégularité du rythme cardiaque pouvant provoquer ds étourdissements, voire une syncope. Ces symptômes peuvent augmenter votre sensation de fatigue.
D'autres effets peuvent avoir des conséquences à plus long terme:
Très rarement, un kyste peut se former au niveau des reins, plusieurs mois après le début du traitement. Selon sa taille et sa position, il peut provoquer une gêne ou une pesanteur au niveau du ventre. Selon vos symptômes, une surveillance sous forme d'ultrasons rénaux est organisée.
Signalez à l'oncologue si:
Consultez sans attendre votre oncologue ou l'oncologue de garde si vous observez l'un des signes suivants:
Les thérapies moléculaires ciblées sont remboursées par l'assurance obligatoire des soins.