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Schéma de chimiothérapie AC ou EC

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Le schéma de chimiothérapie AC ou EC correspond à une association de plusieurs médicaments. Chaque lettre identifie l'un des médicaments utilisés selon son principe actif:

  • A: doxorubicine
  • C: cyclophosphamide

ou

  • E: épirubicine
  • C: cyclophosphamide

Comment se déroule le traitement?

Le plan de traitement correspond à 4 séances de perfusion, espacées chacune de 3 semaines de pause. La durée totale du traitement est donc de 4 mois, soit 12 semaines. Les séances comprennent la perfusion par voie veineuse des deux médicaments de chimiothérapie (AC ou EC). La durée de chaque séance est d’environ 2 heures.

La mise en place d'un port à cath (PAC) est nécessaire pour l'administration de la chimiothérapie. L'installation de ce petit boîtier sous la peau est réalisée sous anesthésie locale avant le début du traitement.

Avant chaque séance de chimiothérapie, des médicaments sont administrés par perfusion en prévention de plusieurs effets secondaires, tels que le risque allergique, les nausées et les vomissements, le manque d’appétit. Il comprend un ou plusieurs anti-nauséeux, ainsi qu’un médicament à base de corticoïdes.

Afin de s’assurer du bon déroulement du traitement, l’oncologue vous examine avant de débuter celui-ci, puis régulièrement lors des consultations médicales. Une analyse de sang est planifiée avant chaque séance de perfusion, ainsi qu’entre deux selon les situations. Les résultats permettent au médecin d’évaluer votre tolérance à la chimiothérapie. La dose des médicaments et le rythme des séances peuvent être modifiés selon les résultats sanguins et les effets secondaires qui se manifestent.

Le lieu des séances de perfusion vous sera précisé par votre oncologue.

Le traitement entraîne-t-il des effets secondaires?

De manière générale, la liste des effets secondaires n'a qu'une valeur indicative. Chaque situation est particulière et chaque personne réagit aux traitements de manière différente. L'apparition ou non d'effets secondaires n'est pas nécessairement un indice d'efficacité du traitement. Avant le début du traitement, des informations spécifiques sont transmises par le médecin oncologue.

En cours de traitement, les effets suivants peuvent se manifester. Ils sont le plus souvent temporaires et peuvent être atténués.

Risque d'infection

Les globules blancs participent à la défense de l’organisme contre les infections. Leur nombre diminue transitoirement environ 1 à 2 semaines après les séances de perfusion. Ceci a pour effet de vous rendre plus vulnérable au développement d’une infection durant quelques jours. Votre oncologue vous donnera les précisions propres à votre situation.

Nausées et vomissements

Cet effet peut survenir durant le traitement, principalement dans les heures et les jours qui suivent les perfusions. Il peut parfois se manifester jusqu’à 5 jours après.

Un traitement contre les nausées et vomissements est administré en prévention avant la chimiothérapie. Une ordonnance vous est aussi remise pour un traitement à prendre après la séance si nécessaire. La prise régulière de ces médicaments peut entraîner un ralentissement du transit intestinal, une constipation et éventuellement des maux de tête.

Effets sur les cheveux et les poils

La chute des cheveux est systématique. Les premiers signes apparaissent généralement 2 à 3 semaines après la première séance de perfusion.

Certaines personnes décrivent une sensation désagréable au niveau du cuir chevelu quelques jours avant le début de la chute, ainsi qu’une sensibilité au toucher. La chute des cheveux s’accompagne parfois de la perte des poils, des cils et des sourcils.

La repousse se fait progressivement après la dernière dose de chimiothérapie à la vitesse de la croissance normale du cheveu, soit environ 1 cm par mois. Certaines personnes remarquent que la couleur et la texture des cheveux sont différentes de celles d’avant les traitements. Généralement, les cheveux reprennent leur structure habituelle au fil des mois.

Fatigue, manque d'allant et d'énergie

La fatigue apparaît de manière progressive au cours des traitements. Elle peut être d’intensité variable mais est fréquemment perçue comme modérée. Vous pouvez ressentir une perte d’énergie, de la faiblesse, une difficulté à vous concentrer. Le manque d’énergie peut être dû à une diminution des globules rouges dans le sang. Il est alors le plus souvent associé à une pâleur du teint, un essoufflement, des étourdissements ou une sensation que le cœur bat plus vite.

Une atténuation de la fatigue peut être ressentie entre les séances de perfusion. La récupération est relativement rapide dès la fin du traitement. Il faut toutefois compter plusieurs mois avant de retrouver toute son énergie.

Troubles du goût

Un changement ou une diminution du goût peut survenir temporairement durant la période du traitement et dans les semaines qui suivent.

Un goût métallique peut être ressenti dans la bouche. Ce changement de perception peut provisoirement influencer votre appétit.

Diarrhée

Une diarrhée peut apparaître entre deux séances de perfusion. Elle se manifeste par des selles plus fréquentes et abondantes qu’à l’ordinaire, liquides, parfois associées à des crampes au niveau du ventre.

Irritations de la bouche

Cet effet est peu fréquent. Il est dû à des érosions ou à des aphtes qui apparaissent le plus souvent 1 à 2 semaines après la séance de perfusion. Les lésions se produisent généralement sur les gencives, la langue, les côtés de la bouche, les lèvres et dans la gorge. Elles peuvent provoquer une gêne ou des douleurs pour boire et manger.

Effets sur la peau

Durant la période de traitement, votre peau est à risque de coups de soleil. En outre, elle peut foncer transitoirement à plusieurs endroits du corps comme sur les mains, coudes, pieds, genoux, le long des veines ou au bord des ongles. Cet effet s’atténue peu à peu après la fin du traitement.



D'autres effets ont des conséquences à plus long terme.

Fertilité

La chimiothérapie peut avoir des conséquences transitoires ou permanentes sur la fertilité. Chez la femme non ménopausée, elle entraîne une interruption de l’activité des hormones sexuelles, et de ce fait un arrêt du cycle menstruel. Cet effet peut être définitif, surtout si la femme a plus de 40 ans et qu’elle approche de la ménopause naturelle.

N’hésitez pas à parlez avec votre oncologue de votre ressenti et de vos attentes au sujet d’un désir de grossesse. Vous pourrez ainsi discuter avec lui des différents moyens possibles de conservation de la fertilité dans votre situation.

L’arrêt de l’activité des hormones sexuelles induit par le traitement va entraîner plusieurs effets similaires à ceux de la ménopause, comme des bouffées de chaleur, parfois une sécheresse vaginale et à plus long terme un risque augmenté d’ostéoporose. Des troubles du sommeil ou de l’humeur peuvent également se manifester.

Troubles de la fonction cardiaque

Un des médicaments administrés, l’épirubicine, peut avoir une répercussion sur la fonction du cœur en cours du traitement ou après celui-ci. Cet effet est rare aux doses utilisées pour ce schéma de traitement. Les principaux signes susceptibles d’apparaître sont un essoufflement, une sensation de fatigue et des œdèmes.

Afin de s’assurer de votre bonne tolérance, l’oncologue vous examine avant de débuter la chimiothérapie et poursuit cette surveillance régulièrement. Il peut parfois compléter l’auscultation par des examens complémentaires, comme un électrocardiogramme, des ultrasons ou une scintigraphie cardiaque.

Dysfonction de la moelle osseuse

Cet effet peut se développer après le traitement. La moelle osseuse est responsable de la production des globules blancs, des globules rouges et des plaquettes contenues dans le sang. Dans de très rares cas, cette dysfonction peut entraîner une maladie du sang.

Votre médecin est à disposition pour vous donner des compléments d’information à ce sujet.

A quoi faut-il être attentif?

  • Pendant l’administration des perfusions et dans les jours qui suivent, signalez rapidement à l’équipe soignante toute sensation de brûlure, douleur, rougeur, durcissement ou l’apparition de cloques à l’endroit de l’injection ou dans le périmètre (le long du bras, par exemple).
  • Buvez en suffisance, si possible l’équivalent de 2 à 2.5 litres par jour. Ceci contribue à faciliter l’élimination de la chimiothérapie, sans diminuer son efficacité
  • N’hésitez pas à utiliser le traitement contre les nausées et vomissements qui vous a été prescrit pour la maison. Il est plus facile de prévenir ces effets que de les traiter lorsqu’ils surviennent.
  • Vérifiez avec votre oncologue les risques d’interactions entre la chimiothérapie et tout autre médicament que vous prenez, y compris ceux à base de plantes. La tolérance à la chimiothérapie et son efficacité peuvent en être modifiées.
  • Informez vos autres médecins et votre dentiste que vous suivez un traitement de chimiothérapie avant de recevoir leurs soins.
  • Evitez l’exposition au soleil pendant le traitement: votre peau est effectivement plus à risque de coups de soleil durant cette période. Lors de vos balades à l’extérieur, utilisez de la crème solaire à indice de protection élevé (50), portez un chapeau et des vêtements couvrants.
  • Utilisez impérativement un moyen contraceptif pendant le traitement, au moins jusqu’à 6 mois après la dernière dose. Discutez des différents moyens à disposition avec votre oncologue.

Signes d'alerte

Consultez votre oncologue ou l'oncologue de garde si vous observez l'un des signes suivants:

  • température égale ou supérieure à 38°C deux fois de suite à une heure d'intervalle sans prise de médicament contre la fièvre
  • température égale ou supérieure à 38.5°C
  • signes inhabituels de mal-être, tes que vertiges, douleurs subites, affaiblissement extrême, etc.
  • en présence de tout signe inhabituel qui vous inquiète

Quelle couverture par les assurances?

La chimiothérapie est remboursée par l'assurance obligatoire des soins.

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