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Radiothérapie des organes gynécologiques

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La radiothérapie utilise les radiations pour détruire les cellules cancéreuses, soit pour traiter directement la tumeur, soit pour prévenir une récidive lorsque la tumeur a été retirée par chirurgie. Son utilisation au niveau de la région du bassin ou du périnée permet de traiter plusieurs cancers gynécologiques.

Comment se déroule le traitement?

La radiothérapie comporte des séances de traitement quotidiennes, généralement durant 5 à 6 semaines, 5 jours par semaine. Les séances sont réalisées de façon répétée et continue jusqu’à atteindre le nombre total de séances prévues. Dans le cas d’une interruption non programmée, comme une panne d’appareil ou une contrainte personnelle exceptionnelle, la séance manquante n'est pas annulée mais reprogrammée de façon optimale.

Le traitement est effectué avec l’appareil de radiothérapie le plus adapté à votre situation. Lors de chaque séance, les paramètres techniques sont vérifiés et une imagerie est réalisée pour s’assurer que le positionnement du traitement est correct et correspond précisément à la planification.

L’administration du traitement en tant que tel dure quelques minutes et ne provoque aucune douleur. Il faut compter entre 25 et 30 minutes pour une séance complète.

Pendant votre traitement, un radio-oncologue est toujours disponible. Une consultation avec votre médecin radio-oncologue est planifiée chaque semaine.

Recommandations particulières durant le traitement

Si vous n’êtes pas ménopausée, utilisez impérativement un moyen de contraception, en attendant la ménopause induite par le traitement. Celui-ci n'est effectivement pas compatible avec une grossesse, dont il risquerait de compromettre le déroulement.

Quelle préparation?

Avant de commencer la radiothérapie, une ou plusieurs séances de préparation au traitement sont planifiées. Celles-ci permettent de définir avec précision la zone du corps à irradier et le positionnement lors des séances de traitement.

Un scanner spécifique est réalisé dans ce but. Parfois, il nécessite l'utilisation d'un produit de contraste iodé, injecté par voie intraveineuse, sauf si vous y êtes allergique et selon votre fonction rénale.

Lors de ce scanner, 3 points de tatouage millimétriques sont réalisés pour aider à reproduire le positionnement lors des séances de radiothérapie. Pour une planification optimale, il vous est demandé de venir pour le scanner avec une vessie plutôt pleine, en buvant une heure avant une petite bouteille d'eau de 3-4 dl (soit 2 gobelets d'eau). Il vous est également demandé de suivre un régime «sans résidu» et parfois de prendre des traitements pour aller à selle afin d'éviter d'avoir trop de gaz et de selles lors du scanner. Les mêmes recommandations devront être suivies avant les séances de traitement.

Une fois ce scanner réalisé, la dose de rayonnement qui sera délivrée pour traiter votre cancer est calculée avec précision. Cette étape est essentielle et vise aussi à réduire le plus possible les doses d’irradiation en dehors du volume cible. Cette préparation fait intervenir plusieurs spécialistes tels que radio-oncologue, physicien médical et dosimétriste. Ceci explique le délai, souvent de plusieurs jours, entre le scanner de planification et le début de votre traitement.

La préparation au traitement ne provoque aucune douleur.

Le traitement entraîne-t-il des effets secondaires?

Comme lors de toute procédure médicale, il est possible que des effets secondaires surviennent durant et après le traitement.

De manière générale, la liste des effets secondaires n'a qu'une valeur indicative. Chaque situation est particulière et chaque personne réagit de manière différente aux traitements. L'apparition ou non d'effets secondaires n'est pas un indice d'efficacité du traitement.

Si l'un des signes décrits se manifeste, ou si vous observez d'autres symptômes durant ou après le traitement, signalez-le au technicien de radiothérapie ainsi qu'à votre médecin radio-oncologue. Ils pourront alors prendre les mesures appropriées. Une équipe infirmière est également à disposition pour vous accompagner pendant la radiothérapie et vous apporter conseil, soutien et soins spécifiques.

Effets possibles en cours de traitement

Les effets aigus suivants, le plus souvent temporaires, peuvent apparaître durant le traitement. Ils surviennent en général dès la 2e ou 3e semaine et peuvent durer de quelques jours à 2 ou 3 mois:

  • Fatigue d'intensité variable, fréquemment perçue comme modérée. Elle disparaît de manière progressive après la fin des séances de traitement.
  • Perte de poids (parfois)
  • Sécheresse de la peau, pouvant entraîner une irritation ou des démangeaisons. La pilosité peut disparaître de manière temporaire ou définitive.
  • Irritation de la vessie se manifestant par des besoins d'uriner plus fréquents et urgents, sensation de brûlure en urinant, difficulté à uriner ou infection urinaire.
  • Irritation des intestins, du rectum et de l'anus: douleurs ou sensation de brûlure lorsque vous allez à selles, contractions avec sensations de faux besoins, besoin plus fréquent d'aller à selles ou, plus occasionnellement, diarrhées. Si vous avez déjà souffert d'hémorroïdes, elles peuvent réapparaître durant le traitement. Plus rarement, présence de sang frais avec les selles.
  • Irritation ou brûlure des muqueuses vaginales
  • Sécheresse vaginale due à l'absence de sécrétions produites habituellement par la muqueuse vaginale. Cet effet peut entraîner des démangeaisons, un risque accru d'infection vaginale et un inconfort lors des rapports sexuels.

Ces effets secondaires peuvent être tous, ou en partie, atténués par différents moyens qui sont discutés avec votre médecin radio-oncologue lors des visites régulières.

Conséquences à plus long terme

Le risque de complications à moyen ou long terme est rare et minimisé par les techniques utilisées au CHUV, toujours plus précises. Ces techniques permettent d’éviter dans une grande mesure l’irradiation des tissus sains avoisinant la tumeur ou situés à proximité de la région à irradier. Cependant, compte tenu des doses et des volumes d’irradiation indiqués pour traiter votre cancer, il existe un faible risque d’effets secondaires tardifs qui dépend aussi de la sensibilité individuelle de chaque patiente.

Il existe une probabilité, généralement faible, de complications sévères, telles que:

  • Lymphœdème: si les ganglions lymphatiques situés au niveau du bassin et de l'abdomen sont touchés par l'irradiation, un gonflement des jambes ou des parties génitales peut survenir. Cette manifestation est principalement le signe d'une accumulation de lymphe sous la peau, due à une diminution de l'efficacité des ganglions lymphatiques dans cette partie du corps. Des drainages lymphatiques peuvent vous être prescrits pour atténuer les symptômes.
  • Irritation chronique des muqueuses, ulcères ou rétrécissement, notamment du vagin.
  • Infertilité: le traitement de radiothérapie porte atteinte aux tissus de l'endomètre et rend impossible toute grossesse future.
  • Ménopause: le traitement a un effet sur le fonctionnement des ovaires si ceux-ci sont conservés et que vous n'êtes pas ménopausée. Des symptômes de la ménopause peuvent alors apparaître.
  • Troubles urinaires: le tissu qui tapisse l'intérieur de la vessie tend à être chroniquement irrité et à perdre de son élasticité. Le muscle qui contrôle l'ouverture et la fermeture de la vessie tend à perdre de sa tonicité. Ceci peut provoquer une envie fréquente d'uriner, une gêne en urinant, des risques de fuites à l'effort ou, dans de rares situations, des saignements vésicaux. Une incontinence urinaire déjà présente peut être sensiblement augmentée. Une physiothérapie de rééducation peut être prescrite pour atténuer ce trouble
  • Altération du rectum ou des intestins entraînant divers symptômes, tels qu'une envie fréquente d'aller à selles ou des diarrhées. Des saignements ou sang frais avec les selles sont possibles mais généralement rares.
  • Disparition definitive de la pilosité selon la dose et la region irradiée
  • Dysfonction des cellules des tissus voisins: à longue distance du traitement, le risque d'apparition d'un nouveau cancer est augmenté par rapport à la population générale. Cette situation reste néanmoins rare et dépend en partie de l'âge de la personne au moment du traitement.

Dans votre situation, il est fortement recommandé d'effectuer la radiothérapie car le risque de récidive ou de progression du cancer en l'absence de traitement dépasse de très loin le risque de complications liées au traitement.

Nous vous invitons à poser toutes les questions nécessaires, au besoin de les noter par écrit, pour clarifier tout ce qui concerne votre prise en charge thérapeutique. Votre radio-onocologue se tient à disposition pour y répondre.

Que se passe-t-il après?

Après la radiothérapie, vous êtes suivie très régulièrement par votre radio-oncologue en alternance avec les autres spécialistes (médecin oncologue et gynécologue) et en collaboration avec votre médecin de famille.

Quelle couverture par les assurances?

La radiothérapie des organes gynécologiques est remboursée par l'assurance obligatoire des soins.

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